

La Plume d'Adèle

Biographie, aide à l'écriture et correction de vos écrits personnels et professionnels
Extraits
Un nouvel élan, 2017
...ou l'histoire d'une rencontre qui a redonné un sens à la vie de Simon, 67 ans, veuf et si seul
"Lorsque je suis entré dans la pièce, je me suis soudain retrouvé face à mon amour de jeunesse. Je suis resté sans voix, tétanisé, comme si le temps s'était figé. J'ai bien tenté de dire quelque chose malgré tout, mais les mots refusaient de sortir de ma bouche, peut-être de peur qu'elle ne disparaisse, de peur de rompre cet instant magique ?
Finalement, c'est elle qui a osé briser le silence et le temps a alors repris son souffle, la vie a repris un rythme à peu près normal !
En une fraction de seconde, nous nous sommes retrouvés, aussi proches et complices qu'autrefois et pourtant si différents de ceux que nous étions alors, portant chacun le poids de toute une vie remplie de souvenirs, de drames et de bonheurs vécus l'un sans l'autre.
Mais n'était-il pas trop tard pour nous deux ? Eprouvait-elle réellement la même émotion que moi ? Qu'allaient dire les gens si peu de temps après la mort de ma femme ?..."
D'alène en aiguille, 2018
... ou l'histoire de l'entreprise familiale née au milieu du siècle dernier et que Léon a bien du mal à quitter, puisque c'est lui qui l'a fondée !
"Quel bonheur pour Léon de contempler 30 ans plus tard le fruit du travail de toute une vie ! Il était là, au beau milieu de l'atelier, respirait l'odeur du cuir si familière et revoyait défiler devant lui toute l'histoire de sa maroquinerie, avec les bons et les mauvais moments, les jours difficiles et les heures joyeuses.
Chaque outil abandonné pour le week-end lui rappelait les gestes minutieux de ses ouvrières qui assemblaient si soigneusement les pièces de cuir en fredonnant les chansons diffusées par la radio à longueur de journée.
Mais aujourd'hui, seul un silence pesant venait lui rappeler que c'était fini et les uniques sons qu'il percevait étaient les échos de la fête qui battait son plein là-bas, de l'autre côté de la cour.
Tous ceux qui comptaient pour lui l'attendaient, qui riaient, chantaient et trinquaient à sa retraite.
Il était fier de ce qu'il avait créé et pas fâché de passer la main à son fils, qui plus est.
Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de ressentir comme un poids étouffant sur le coeur, celui des souvenirs et de toute la nostalgie qui l'accompagne, le poids du passé révolu qu'il veut aujourd'hui faire revivre."
Toinette, 2019
...ou l'histoire de cette femme dont la fille a souhaité rassembler les souvenirs qu'elle a pu recueillir sur sa maman, aujourd'hui décédée, afin qu'ils ne tombent pas dans l'oubli. Toinette aurait eu 100 ans cette année !
"Elle se revoit encore Toinette, comme la surnommait affectueusement sa tante, courant après les poules pour les faire entrer dans l'enclos grillagé qui les protégerait des renards pour la nuit.
Comme elle aimait passer ses vacances à la campagne, elle qui étouffait en ville, à l'étroit dans la petite maison familiale, entre ses 8 frères et soeurs, ses parents et sa grand-mère.
Il faut dire que chez elle, la vie au quotidien n'était pas de tout repos : Antoinette devait en effet seconder sa mère à la cuisine, au ménage et aussi s'occuper des plus jeunes.
Elle devait pourtant reconnaître qu'elle avait de la chance car elle pouvait s'isoler le soir dans la petite chambre mansardée qu'elle partageait avec Mémé Roussette. Les autres enfants de la famille se serraient quant à eux dans deux chambres, une pour les filles, l'autre pour les garçons.
Antoinette, elle, avait son petit coin bien à elle, séparé de sa grand-mère par un paravent et qu'elle avait arrangé avec soin, récupérant ici ou là un morceau de tissu, un tabouret, un vieux miroir. Ainsi, le soir, elle pouvait rêver à son avenir et imaginer sa vie d'adulte sans être dérangée. Elle serait infirmière ou peut-être institutrice...!
En dehors de ces petits moments d'évasion volés à un emploi du temps sans répit, Antoinette n'était pas à son aise dans cette maison. Alors, ces échappées estivales chez sa tante étaient une chance inespérée pour elle de fuir la ville et de respirer un vent de liberté !
En effet, sa tante Germaine la réclamait l'été pour l'aider un peu à la ferme pendant la saison des moissons, à préparer et servir les repas aux hommes qui travaillaient aux champs.
Il y avait certes beaucoup à faire ici aussi, mais il flottait dans l'air comme une légèreté et une atmosphère de fête, sans doute à cause des grandes tablées installées dehors chaque soir pour profiter des derniers rayons du soleil et de la fraîcheur qui tombait enfin sur la ferme le soir.
Sans doute aussi grâce à toutes ces joies simples partagées autour du casse-croûte que Toinette et Tante Germaine apportaient aux hommes le midi. Tous s'asseyaient alors à l'ombre des grands arbres du talus et prenaient un peu de repos bien mérité au son des rires des enfants qui couraient autour d'eux en se chamaillant."
Faire face à son destin, 2022-2023
... ou l'histoire de cet officier de l'Armée de l'air qui, après une vie personnelle et professionnelle bien remplies, souhaite aujourd'hui partager avec ses enfants, petits-enfants et amis, ses joies, ses peines, son parcours et ses aventures aux quatre coins du monde.
"Je viens de lire le superbe texte de Jean d’Ormesson « Le train de ma vie », magnifique métaphore de notre voyage sur cette terre.
Ce train, je l’ai moi-même pris il y a maintenant de très nombreuses années et je viens sans doute de faire ma dernière escale avant d’arriver au terminus.
Après une vie très intense, remplie de nombreux voyages, séjours à l’étranger, belles rencontres, espoirs, joies, amours, peines, doutes, au revoir et adieux, ce retour dans ma Bretagne natale me procure un sentiment d’apaisement, de calme et de bien-être.
Je commence désormais une nouvelle vie avec pour compagnon Didou, l’adorable petit chien affectueux et vif comme l’éclair qui m’accompagne partout. Je ne me lasse pas de nos promenades en bord de mer sur ce chemin dit « des douaniers ». Là, je goûte pleinement cette liberté qui a toujours gouverné ma vie.
Ce matin-là, sur la baie, la luminosité entre ciel et mer est exceptionnelle. Je m’assois sur une pierre, je contemple la mer à l’infini, j’écoute le chant des vagues et du ressac sur les rochers.
M’offrir quelques instants de solitude, rester immobile, ne plus penser à rien, mais simplement écouter et regarder m’apportent la paix. Au loin, un bateau s’éloigne vers une destination inconnue et, plus près de la falaise, un bel oiseau de mer, toutes ailes déployées, plane sans bruit sur les vents ascendants. Ce calme profond m’apporte une grande sérénité et m’invite à la méditation.
Je m’interroge... D’où me viennent ces résurgences d’un passé qui, pourtant, depuis tant d’années, ne parvenait pas à percer cette somnolence de mon esprit et qui me permet enfin aujourd’hui de concrétiser par écrit tous ces lambeaux de souvenirs ?
Je réfléchis au le sens de la vie, à notre destin auquel nous ne pouvons échapper. Inconsciemment, on se ressent toujours de ses origines et de son passé avec des répercussions sur son avenir comme l’exprime bien cette citation « celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va ».
J’aurais souhaité un destin nu et vide, lumineux et vierge comme la page blanche sur laquelle je commence à peine à écrire en espérant que ma mémoire parfois volatile ne me fasse pas trop défaut jusqu’au terme de ce récit."



Les années de la rage, les heures de l'amour
2024-2025
... ou la tentative de J. d'expliquer à ses enfants et, plus tard peut-être, à ses petits-enfants, les difficiles choix qu'elle a dû faire car ces décisions ont eu de lourdes conséquences sur le devenir de chacun d'eux. Ils étaient des enfants et n'ont pas vu, pas compris sans doute pourquoi elle devait agir ainsi, pourquoi elle ne pouvait pas faire autrement. Ils ont souffert, comme elle a souffert elle aussi et elle estime aujourd'hui leur devoir la vérité, tenter de leur ouvrir les yeux sur une réalité qui échappe heureusement aux yeux d'un enfant, une réalité qu'elle a cherché à chaque instant à adoucir, à atténuer.
J. espère que maintenant qu'ils sont eux-mêmes parents, ses deux enfants comprendront que ses choix étaient compliqués, qu'ils étaient ceux d'une femme, puis d'une mère en grande souffrance, souvent au bord du gouffre et qui parfois n'a pas trouvé d'autre solution que la distance pour leur épargner plus de douleurs encore.
J. espère surtout que cette biographie dans laquelle elle se livre le plus sincèrement possible, sonnera l'heure de l'apaisement et de la réconciliation.
Je vis alors un grand bonheur avec C. et mes enfants qui vont bien, sont heureux d’avoir retrouvé une maison avec un jardin et surtout le confort d’une vie familiale. Ils vivent pleinement leur adolescence, vont l’un au collège et l’autre au lycée de P., V. fait du foot à St-B., O. a arrêté la danse. Ils rencontrent tous les deux leurs premiers petits copains et copines et moi je vis sur un petit nuage avec un homme charmant, d’une tendresse inégalable, un homme hors du commun dont je suis très amoureuse.
(...) Ma vie d’avant avec P., le père de mes enfants, est bel et bien derrière moi ! C. et moi faisons des projets de voyages, nous décidons également de nous marier.
(...) Un jour de février 2007, C. part au travail comme chaque matin. Il doit participer à un séminaire, une grosse réunion de travail, puis rester à A. le soir pour assister à un dîner suivi d'une soirée dansante. À cette occasion, il apprend qu’il a enfin obtenu sa promotion et sera nommé en juillet prochain au poste de cadre supérieur qu’il attendait tant et pour lequel il a tellement travaillé depuis trois ans. Il est évidemment super heureux et m’appelle en fin d’après-midi pour me l’annoncer. Je partage pleinement son bonheur.
(...) Le lendemain matin, (...) Tout à coup, le téléphone sonne. O. répond, elle ne doit pas avoir cours ce jour-là. Elle me passe le téléphone en me disant : « C’est pour toi maman. » Là, la cheffe de C. m’annonce qu’il est décédé ce matin à 7 h. Ils l’ont retrouvé étendu dans un massif de roses, au cœur du parc de P., qu’il venait de traverser pour aller chercher de l’argent au distributeur. Il avait prévu d’acheter des croissants pour tous ses collègues afin de prendre ensemble un dernier petit déjeuner sympa avant de rentrer à la maison pour le week-end.
C’est alors une avalanche, un tsunami – je ne sais pas comment appeler ça – qui me tombe dessus et m’anéantit ! Un effondrement de plus dans ma vie, dans notre vie. Comment gérer, comment réagir ? Je ne sais plus rien à ce moment-là, je n’arrive plus à réfléchir. J’ai froid, j’ai peur, je suis en état de choc. Je pleure toutes les larmes de mon corps, je ne veux pas croire ce qui vient d’arriver, je suis dévastée, tétanisée. Les pensées se bousculent dans ma tête : il faut prévenir ses enfants, son ex-femme, aller chercher V. au lycée, lui apprendre l’affreuse nouvelle... O. est à mes côtés, elle m’aide comme elle peut, elle est très peinée, elle aussi.
Je ne sais pas comment je réussis à traverser cette période effroyable, à gérer le décès de C., les formalités, les enfants, O. qui passe son bac et V. son bac de français...
(...) Je me sens si seule dans cette maison, dans cette ville. Comment vivre sans C. ? Pour moi, tout est fini. J’ai du mal à dormir, du mal à rester éveillée. Tout m’échappe. Ma vie rêvée avec C. a brutalement tourné au cauchemar. J’avoue que, durant cette période, je fais un peu tout et n’importe quoi. Je suis sûrement en dépression, je m’abrutis de travail pour éviter de penser ou réfléchir, je travaille de nuit dans un EHPAD et de jour dans un autre. Quand je suis sur la route, je m’endors au volant. J’ai très mal au dos, je vais chez le kiné, il me dit que mon corps s’endort.


Ma vie de bâtisseur, 2025
... ou le récit de vie émouvant de P. qui tient à transmettre à ses petits-enfants et arrière-petits-enfants les valeurs qui lui sont chères : humanisme, altruisme, tolérance, bienveillance et qu'il a tenté, tout au long de sa vie, d'appliquer dans ses choix personnels, professionnels et relationnels.
Une vie parsemée de drames et de belles choses, une vie riche d'échanges et de partage avec tous ceux qui ont un jour croisé son chemin de bâtisseur.
Lorsque je regarde mon histoire, que je repense à mon parcours, je constate que, tout au long de ma vie, j’ai tenté de bâtir des ponts.
Des ponts entre les peuples, pour échanger sur nos pratiques, sur nos vies et sur les cultures propres à chaque pays. C’est surtout en Afrique que j’ai participé à la construction de ces ponts humains, agricoles, culturels.
Des ponts entre agriculteurs, jeunes et moins jeunes pour partager nos expériences et nos points de vue, nous entraider, progresser ensemble et ne jamais rester seuls, isolés dans notre monde agricole.
Des ponts bien réels au-dessus des routes à quatre voies pour nous protéger et travailler, circuler en toute sécurité.
Des ponts solidaires ici, tout près de chez nous, pour aider et soutenir ceux qui en ont le plus besoin, les accueillir, les accompagner dans la vie jusqu’à ce qu’ils deviennent autonomes.
Et puis j’ai bâti un autre pont, le plus beau, le plus solide, entre les générations en donnant vie à une famille dont je suis fier et qui me rend heureux.
C’est toute cette aventure de bâtisseur que je veux vous raconter à vous, mes petits-enfants, en espérant qu’à votre tour vous deveniez un jour des bâtisseurs de ponts.

Moi, Jeanne, Jeannette, 2025
... ou le regard de cette femme qui vient de fêter ses 100 ans et revient sur son passé, sa famille et tout un siècle d'Histoire et de vie. Une vie riche de rencontres, d'amitiés, d'amour qu'elle raconte sur un ton toujours enjoué, souvent empreint de malice et résolument optimiste !
(...) Reprenant les mots de Berthe Bernage dans l’un des livres de sa collection des « Brigitte », je pourrais dire que devant nous, la vie s’ouvrait !
Vous avez fidèlement suivi la trame de mon récit jusqu’ici et appris à nous connaître, J. et moi, au travers de nos familles, de nos enfances et peut-être avez-vous envie maintenant de connaître la suite : « De quelle façon les jeunes gens vont-ils vivre cette grande aventure que représente l’établissement d’un couple humain ? Ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants ? Mais il y a tant de nuances dans le bonheur, dans les âmes... »
Alors, quel a été notre bonheur ? Un bonheur simple, pareil à celui de tant de foyers français. Mais le bonheur, on ne le trouve pas tout fait : il se gagne et la suite du récit va vous raconter comment J. et moi avons su mener à bien cette conquête du bonheur !
(...) Notre famille : « Il faut y faire sa place ! » pourraient vous dire nos belles-filles et gendres !
Mais je dois reconnaître que tous, vous avez toujours fait en sorte que les liens familiaux soient solides et que notre grande famille reste unie et soudée.
C’est un grand bonheur de le constater encore aujourd’hui, lorsque je vous vois réunis chaque été avec vos enfants et maintenant vos petits-enfants ! Nous nous sommes forgés ensemble tellement de beaux souvenirs !
(...) je reste vraiment optimiste. Avec J., je me suis toujours appuyée avec force sur l’idée de faire de mon mieux en aimant la vie présente.
Mes chers 32 arrière-petits-enfants, je vous souhaite de rester unis et solidaires, de vous respecter, de choisir vos propres existences, de vivre à fond les mauvais épisodes comme tous les jolis moments, de savoir rebondir, de vous aimer les uns les autres.
J’espère vivement que vous serez heureux aujourd’hui, demain et toujours !

